Dynasty decapitated... - Uriel Tanis - [TERMINE]

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Uriel Tanis
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Lun 7 Jan - 19:23

présentation

Pseudo : Elanor, la plupart du temps ^^
Source : On m'y a lâchement attirée avec du « proof reading » et les admins me doivent des bébés!
Code règlement : Seriously girls? Bon... On va faire ça dans les règles... « Jeep Renegade »!
Autre chose : On l'aura attendu XD

NOM : Tanis
PRÉNOM(S) : Uriel
ÂGE : 30 ans
SEXE :
ORIGINES PARTICULIÈRES : A l'instar d'Amésis, descendant en ligne direct de Kémétou Ière, Pharaonne originelle de la nouvelle ère.
CLASSE : Maître
MÉTIER : Prince du sang, Représentant de Pharaon, Mécène anonyme
DON : Copycat... Il possède le don de copier celui d'une personne qu'il touche et de le garder en mémoire jusqu'à ce qu'il décide d'en changer en touchant quelqu'un d'autre...
ORIENTATION SEXUELLE : Il ne se pose aucune barrière.
SITUATION FAMILIALE : Dans les faits, célibataire. Il se considère plutôt comme veuf...
LOCATION/HABITAT : Gizeh, au sein du Palais Royal comme il sied au fils du précédent Pharaon.
CRÉDIT AVATAR : Brendon Urie (Actuellement, illustration du livret du CD « Death of a bachelor »)





  
caractère
Pour « comprendre » Uriel, il faut réaliser la balance entre son personnage publique et ses inspirations et blessures personnelles que très peu de personnes connaissent...

Uriel se complaît dans son rôle de Prince déchu de ses droits, se comportant comme si tout lui était dû ou seulement momentanément emprunté sans sa permission. Insolent, il ne respecte rien ni personne mis à par les Dieux et leurs rares représentants qui ne lui tapent pas trop sur le système et n'essaient pas de lui faire la morale. En tant que fils du précédent maître de l’Égypte, il estime ne pas avoir à courber l'échine devant Amésis et lui parle la plupart du temps d'égal à égal même s'il n'y a qu'en privé qu'il se permet de réellement lui tenir tête et de le moquer. C'est peut-être d'ailleurs sa relation avec son cousin qui exprime le plus simplement sa double personnalité. A la fois parfaitement infecte et d'une loyauté sans borne même si seul Pharaon à conscience de cette dernière en raison de ses dons de télépathie.

Il ne supporte pas de s'entendre dire « non » et passe la plupart du temps outre à cette interdiction avec un simple sourire désinvolte excepté lorsqu'elle tombe des lèvres d'Amésis. Lorsqu'il désire quelque chose, il se sert et c'est tout. C'est notamment valable lorsqu'un Renégat l’intéresse pour une raison X ou Y. Ces hommes et femmes appartiennent à l’État. Il représente l’État. Ergo, ils lui appartiennent tous d'une certaine façon... Non ? Personne n'a encore trouvé le courage de lui dire le contraire et, bien que traité avec à peine plus de considération que des meubles, ses esclaves n'ont généralement pas à se plaindre d'entrer à son service. Ils ne manquent de rien et ont même le droit de s’instruire s'ils le souhaitent durant leurs rares moments d'oisiveté, de mener leur vie comme bon leur semble ou presque. Il réclame cependant d'eux une loyauté totale en contrepartie sous peine d'être renvoyé au Sinaï au moindre faux pas.

Il est également connu pour ses colères brèves mais violentes auxquelles rien ne résiste, pour son penchant pour la boisson et ses goûts éclectiques en matière de galante compagnie.

Mais, s'il semble ne servir à rien ou presque, il est en réalité un bourreau de travail qui ne dort que très peu. Il a sans cesse des voyages et des dossiers à préparer pour représenter Pharaon aux quatre coins de l'Empire et fait son travail avec diligence tout en semblant ne s'y plier que de mauvaise grâce. Lorsqu'il ne travaille pas, il s’entraîne aux armes afin de ne pas devenir une proie trop facile, cherche sans cesse à repousser les limites de son don et de ceux qu'il emprunte et se rend très régulièrement dans les temples dédiés aux Dieux des morts afin de les supplier de veiller sur ceux qu'il a perdu... De les lui rendre...

C'est également un mécène anonyme. Une grande partie de ce qu'il gagne en tant que représentant de Pharaon passe dans l'éducation de jeunes Maîtres sans le sou dont les dons pourraient servir la communauté. Guérisseurs, élémentalistes et autres « corps » de pouvoir potentiellement utiles à l’Égypte reçoivent parfois une missive suite à l'une de ses visites qui les invitent à venir développer leur potentiel à la charge de l’État. Jamais son nom n'est prononcé dans ces transactions. Seul Amésis et les membres de l'Académie d'Alexandrie ont connaissance de son implication muette.

Pour finir, il reste obnubilé par sa quête et le souvenir de Nefernout... Il a beau s'oublier dans des dizaines de corps, son but ultime est de trouver celui ou celle qui pourra lui rendre sa compagne et leur enfant à naître...

  

  
histoire

2402

Pharaon est mort... Vive Pharaon !

On me l'avait fait comprendre dès mes huit ans, lorsque mon « don » s'était révélé. Je n'allais pas succéder à mon père, le grand Amésis II, lorsque les Dieux le rappelleraient à eux en leur panthéon céleste. Pas de crosse ni de fléau pour Uriel, non... Pas de pschent sur la tête de l'enfant inutile au pouvoir instable... Pas non plus, le jour venu, de pyramide royale pour inciter mon âme immortelle à abandonner ma dépouille mortelle afin de rejoindre mes aïeux en l'orientant vers les cieux...

On me l'avait bien dit, mais cela ne m'avait jamais empêché d'espérer et de travailler pour sans cesse repousser les limites de mes capacités. Plus efficaces... Plus longtemps... Plus nombreuses un jour, peut-être... Ça n'avait pas suffi. La porte de la demeure éternelle du précédent Pharaon était à peine scellée, les pleureuses en étaient encore à retirer la cendre de leurs visages aux yeux rougis de larmes, que les « élections » avaient été lancées afin que le peuple désigne son futur « Maître parmi les Maîtres ». Bien évidement, mon nom n'avait pas été glissé dans le chapeau et c'était à mon cousin qu'étaient échus les droits et devoirs de « Pharaon » sous le nom de règne d'Amésis III... Un hommage, selon lui... Peut-être... Un affront, si on m'avait demandé mon avis... Cela n'avait pas été le cas, sans surprise...

Ma mère étant morte en couches quelques années auparavant, il me revenait « l'honneur » d'accompagner le haut prêtre chargé de remettre les symboles du pouvoir à mon cousin et ce en tant que seul représentant de la précédente maison régnante. Une sorte de tradition... Comme pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de revendications intempestives des « Princes du Sang ». La bonne blague ! Un sourire narquois au coin des lèvres, j'avais donc remonter l'allée centrale de l’immense salle du trône, un pas derrière le représentant des Dieux. Ils m'avaient même « déguisé » pour l'occasion, me faisant porter ce lin d'un blanc immaculé à la mode de nos plus lointains ancêtres. Bien mal leur en avait pris ! Avaient-ils voulu effacer mon « sang » en me transformant en humble fellah ? J'avais décidé de porter l'or de mon rang et refusé de masquer l'Ankh que le destin avait placé juste sous mon œil... Pectoral, bracelets, joyaux... J'étais le fils de mon père et j'entendais que personne ne l'oublie jamais... Jamais ! Je comptais moi même tout faire pour m'en souvenir...

J'avais planté mon regard dans les yeux clairs de mon cousin une fois arrivé devant lui, avais laissé le prêtre commencer son office tout en observant - non sans malice - que les sourcils d'Amésis se fronçaient alors qu'il cherchait à me lire... Et bien quoi, cousin ? Tu espérais peut-être que je me laisserais feuilleter comme un livre ouvert en ce jour où mes nerfs et émotions sont plus à vif que jamais ? C'est mal me connaître... Ça m'avait pris un certain temps, mais je m'étais forgé une arme secrète au cas où ce jour viendrait. Un gosse de Maîtres de basse extraction dont j'avais découvert le don latent, celui de masquer ses pensées... J'avais payé ses études sur mes deniers et l'avais fait finalement mander la veille afin de lui « emprunter » son pouvoir en guise de rétribution pour mes largesses...

Les minutes passèrent... Les heures... Et, finalement, j'avançai d'un pas pour « reconnaître » Pharaon aux yeux de tous. Je baissai la tête, le temps d'un battement de cœur, avant de faire de nouveau face à mon cousin. Nos regards s'affrontèrent en silence jusqu'à ce que quelques mots tombent de ses lèvres, à voix basse afin que je sois le seul à l'entendre :


« Tu peux servir, Uriel... J'avais retenu un rire en l'entendant...
-Servir... Servir l’Égypte ou bien te servir « toi » ? Il avait imperceptiblement secoué la tête, comme déjà fatigué de me faire la morale.
-Je « suis » l’Égypte... Un bref haussement d'épaules désinvolte avant que je ne lui réponde toujours sur un filet de voix...
-Tu n'es qu'un homme, cousin... Tu mourras un jour, comme mon père avant toi et comme je le ferais également... Un sourire amusé, puis je m'étais retourné vers la foule pour déclamer à plein poumons... Khâou nesout-bity* Amésis III ! Qu'il soit vivant, intact et en bonne santé ! »

L'événement avait été dûment fêté. Nous avions bu et mangé, mangé et bu... Et dansé... Une jeune dame m'avait tenu compagnie et avait rejoint ensuite ma couche pour me faire « oublier mes soucis ». Une très bonne nuit... Très longue... Je ne m'étais d'ailleurs véritablement réveillé qu'une semaine plus tard, après avoir longuement déliré sous l'emprise d'une forte fièvre que ma compagne d'un soir m'avait aimablement inoculé à la demande d'Amésis ou d'un de ses conseillers... Mon don d'emprunt s'était évanoui, brûlé par la température, et mon « arme plus si secrète » avait été envoyée bien loin de Gizeh avec en poche suffisamment d'or pour s’établir et vivre confortablement à condition de ne plus jamais m'approcher... Ce n'était que partie remise...

Dico:
 


2406
_
Maat et Isefet

Encore couvert de la poussière du voyage en char qui m'avait ramené d'Assouan à Gizeh, je traversais le palais royale pour rejoindre mes appartements lorsque mon chemin croisa celui d'Amésis qui s'en allait visiblement s’entraîner en compagnie de son maître d'armes. A quoi cela pouvait bien lui servir ? Je me le demandais... Il ne se déplaçait que dans les cités acquises à sa cause et me laissait la charge d'aller le représenter dans les contrées les moins civilisées où son autorité était bien moins « évidente »... Tout en essuyant la sueur et la crasse de mon visage à l'aide d'un linge humide qu'une Renégate m'avait diligemment offert, j'ouvris un bras fatigué comme pour embrasser l'espace vide entre Pharaon et moi et l’interpellai.

« Ils t'appellent Maât, tu sais ? Le regard d'Amésis ne se posa même pas sur moi. En même temps, depuis le temps, il connaissait mon visage sûrement mieux que personne. Nous avions après tout grandi côte à côte... Il était le frère que je n'avais pas eu...
-Ceux qui m'appellent Maât te nomment Isefet... »

Je me contentai de rire et de laisser tomber le linge usagé au sol sans plus de respect pour l'esclave qui me l'avait apporté et qui se baissa sans un mot pour le ramasser avant de s'effacer. J'avançai vers Amésis sans rien chercher à voiler de mes pensées. Il était Maât, comme il seyait à celui qui détenait l'autorité sur l’Égypte. Il était la vérité et la justice, l'harmonie cosmique... Par les Dieux, cet homme était donc parfait ! Qu'on me laisse rire... Une façade, n'est ce pas ? Sûrement avait-il un bon fond, mais personne ne pouvait-être aussi... Erf... « Idéal » ? Pour ma part, j'assumais parfaitement d'être aux yeux de tous son antithèse, Isefet... D'incarner tout ce qui était mauvais... Le vol, le mensonge, l'avidité, la cruauté, la colère, la violence... D'être « parfaitement imparfait », en somme... C'était le rôle qu'on m'avait attribué et que j'avais endossé, me moquant d'être moqué et sachant pertinemment qu'on me craignait presque autant qu'on me détestait. Pourquoi ? Car personne ne savait jamais à quoi s'en tenir avec moi. Quel était donc mon don, aujourd'hui ? Est-ce que je pouvais faire pousser les cheveux ? Transformer l'eau en vin ou bien faire éclore les fleurs ? Rien de bien méchant, n'est-ce pas ? Mais... Et si j'étais capable de faire sortir le Nil de son lit ou bien de l'assécher comme mon père en avait eu la possibilité ? De prendre la vie d'un regard ou bien de forcer les gens à parler vrai et sans détour comme je le faisais sans vergogne ? Étais-je inoffensif, ou bien la onzième plaie d’Égypte ? J'allais partir lorsque la voix de mon parent me retint.

« Tu sais que s'il est improbable que je sois aussi « idéal » qu'on me prétend l'être, il t'est tout autant impossible d'être aussi vil et perverti que tu aimerais le laisser croire. Je grimaçai en me tournant de nouveau vers lui.
-Je fais pourtant de mon mieux ! Croix de bois croix de fer ! Je cracherais bien par terre, mais j'ai la gorge un peu sèche. Tu m'excuseras ! Le regard d'Amésis daigna enfin croiser le mien sans que je ne m'abaisse à faire la courbette devant son autorité.
-Personne d'autre que toi n'oserait me parler ainsi, tu sais ? J'haussai les épaules, attrapant une grappe de raisin dans un plateau qu'on emmenait aux cuisines.
-Toutes les cours ont besoin d'un fou et tous les rois d'un bouffon...
-Je me demande souvent au nom de quoi je le tolère encore, Uriel...
-Tu le tolères parce que je suis le seul qui te dit franchement « merde » et qui ne te cire pas les pompes tout en songeant que tu pues des pieds de façon parfaitement audible pour « Ta Très Gracieuse Majestée ». L'ombre d'un sourire... J'avais pas rêvé ? Arrêtez tout ! Il a souri ! Pharaon a souri ! Il gronda légèrement avant de renvoyer son maître d'arme d'un mouvement du poignet.
-Tu dois avoir raison... J'ai besoin d'un bouffon... Viens donc t’entraîner avec moi, tu me feras le compte rendu de ta mission en même temps. Très peu pour moi, j'étais déjà exténué...
-Non merci ! Je vais plutôt aller dormir deux ou trois jours... Sa voix me stoppa dans mon élan avant même que je ne tourne les talons.
-Oh, pardon... Tu as cru que tu avais le choix ? »

Et cet enfoiré reprit tranquillement sa route en direction de ce qui servait de gymnase, sachant pertinemment que j'allais lui emboîter le pas. Je pouvais bien fanfaronner autant que je voulais, au final il était le seul dont je respectais les ordres...


2393 / 2409
-
Enseignement et loi du plus fort

Du haut de la coursive réservée à la famille de Pharaon, et depuis laquelle j'avais une vue imprenable sur la salle du trône, j'observais avec attention les interactions entre ceux qui se seraient voulus nos « pairs » mais ne possédaient pas cette marque distinctive faisant foi de leur ascendance « divine ». Je les étudiais comme on pouvait étudier une fourmilière après y avoir donné un coup de pied, apprenant qui se faisait soldat et « attaquait », qui se faisait ouvrière et « protégeait »... Qui, aussi gras et inutile qu'une larve, se contentait de laisser les choses de faire... Qui se figeait sur place, ayant perdu ses moyens... Je les apprenais car il n'y avait qu'ainsi que je pouvais maintenir un certain poids. Savoir ce qui devait être dit à qui pour obtenir le résultat escompté... Maîtres et Renégats... Tout n'était jamais qu'une question de levier et j'avais eu des précepteurs très particuliers qui m'avaient enseignés comment voir la vie à leur façon... Œil pour œil et dent pour dent... Mord avant qu'on ne te batte... La loi de la jungle, la même que celle du désert...

Je devais avoir une dizaine d'année lorsque Nefernout avait pour la première fois été présentée à la cour. Il s'agissait certainement d'une cousine très éloignée car, bien qu'elle possédait l'Ankh, elle ne figurait nulle part sur nos registres. Un peu plus âgée que moi, un peu plus jeune qu'Amésis, il était entendu que ses parents souhaitaient qu'elle fasse un beau mariage au plus près possible du pouvoir actuel ou futur. Peut-être mon cousin l'avait-il compris ? Pour ma part, j'avais simplement été fasciné par son don et tout ce qui se dégageait d'elle. La jeune femme, en plus d'être belle comme la voûte étoilée du ciel nocturne comme l'indiquait son prénom, avait la capacité de parler aux animaux. Il y avait ce quelque chose de sauvage dans son regard malgré son implacable douceur et son sourire toujours avenant et calme. La promesse des griffes acérées sous la patte de velours. La boue sous le vernis... Nous nous étions immédiatement entendus et elle m'avait laissé lui emprunter son don à plusieurs reprises, tenant ma main jusqu'à ce que le transfert s'opère à cette époque où je ne pouvais pas encore vraiment choisir...

A ses côtés, j'avais conversé avec toutes les bêtes qu'il m'avait été donné de croiser au sein du palais et dans Gizeh. Les chiens m'avaient enseigné la loyauté, les chats l'oisiveté et le plaisir de jouer avec sa proie. Les souris la discrétion et les rats la force du nombre. Le lion apprivoisé de la ménagerie m'avait parlé de fierté même dans l'esclavage, les babouins appris les ficelles des interactions sociales et l'importance de toujours défendre sa place. Les faucons de chasse avaient déclamé au sujet des Dieux qu'ils côtoyaient là haut dans les cieux tandis qu'avec les perruches et autres habitants de la volière j'avais étudié l'art de la parure et des apparences. Les ânes dans les rues, croulant sous leurs fardeaux, ne connaissaient que le travail. Les chevaux tirant les chars de guerre ne parlaient que de courage. J'avais également appris à me battre à leurs contact à tous... Esquive et réflexes, affût, force, souplesse... Il suffisait de trouver une monnaie d'échange qu'ils comprenaient pour profiter de leur savoir... Nourriture, abri... Parfois simplement la promesse de les laisser ensuite tranquille...

Nous étions à part, Nefernout et moi... Complices au delà de tout... Nous savions des choses qui demeuraient invisibles au commun des mortels. Oh, bien évidement, ils « connaissaient » tout cela... Mais ils passaient à côté de leur essence... Trop civilisés... J'étais finalement ravi que mon « don » inapproprié m'éloigne du trône ! J'avais le beurre, l’argent du beurre et le sourire de mon amie. Je savais lire, écrire, compter et mile autres choses accessibles uniquement aux enfants bien nés... Grâce à l'enseignement de la faune égyptienne, j'étais bien plus mature et retord, bien plus attentif et complexe que mes « semblables »... Et je l'avais elle pour partager tout cela...

Mais Nefernout n'était plus là...

A l'étage du dessous, j'écoutais deux entrepreneurs parler de la meilleure façon d'obtenir de l'argent d'Amésis et de comment s'arranger pour ne pas avoir à le rembourser de ses largesses... Un sourcil relevé, je me redressai en m'étirant et tapais malencontreusement dans un vase qui alla s'écraser pile entre les deux mécréants. Le silence se fit subitement dans la salle et tous observèrent l'échange de regards entre ces deux hommes et « Isefet ». Réajustant mes boutons de manchette d'un geste désinvolte, je leur adressai un sourire froid avant de m'excuser de ma « maladresse »... Je les entendis presque déglutir bruyamment alors qu'ils craignaient que je n'aille rapporter leurs propos à mon cousin. Mon sourire s'agrandit, mordant, avant qu'un rire ne monte dans le fond de ma gorge qui résonna dans la vaste salle jusqu'à ce qu'un Renégat ne ferme derrière moi les portes de mes appartements.



… 2412
-
Souvenirs et avenir

El Qousseir... Définitivement pas l'endroit de l'Empire que je préférais... Mais il avait plu à Pharaon de m'y envoyer afin de régler quelques soucis administratifs, autant que pour rassurer la population qui y souffrait d'un taux de criminalité élevé en leur apportant le soutien d'un petit bataillon de soldats destinés à faire en sorte que les choses se calment autant que faire se pouvait. Je devais y séjourner durant une semaine, les quatre premiers jours étant destinés à ma mission officielle et les trois suivant... Et bien... Disons que je pouvais vaquer à mes occupations à condition de me rendre disponible quelques heures par jour afin de recevoir les doléances des Maîtres de moindre fortune venant réclamer qui une aide financière, qui un délais, qui un conseil ou bien un jugement impartial dans un conflit avec un tiers... J'étais depuis longtemps rôdé à ce genre d'exercice même s'il était évident que j'estimais ceci comme une perte de temps...

La plupart du temps... Car il arrivait exceptionnellement que je tombe sur quelques perles...

Aux yeux du monde, c'était un petit « jeu » auquel je m'adonnais par curiosité. Installé à mon bureau affublé d'un costume trois pièces délicieusement « anachronique » et qui ne mettait pas particulièrement mes vis à vis à l'aise, je me faisais un devoir de serrer la main de chaque personne se présentant à moi. Sachant que ma règle était que je réclamais la présence de la totalité de la maisonnée d'une personne afin de l'écouter, cela faisait... Oui... Beaucoup de mains... Et tout autant de dons à explorer... On se plaignait que je ne faisais que chercher mon prochain « pouvoir », c'était en fait tellement plus compliqué... Et tellement plus simple...


...

Quelques années auparavant, Nefernout était morte...

Originaires de Louxor, ses parents l'avaient pendant des années laissée libre de vivre à Gizeh et s'étaient même réjouis de la savoir aussi proche du pouvoir... Jusqu'au jour où ils avaient compris que c'était moi, et non Amésis, qu'elle souhaitait épouser. Le fait que mon cousin nous ait donné sa royale bénédiction ne leur suffisait visiblement pas et ma compagne avait été rappelée en la demeure familiale manu militari. Plus que traditionnels dans leur façon d'envisager l'avenir de leur enfant, ils entendaient l'unir à un « bon » parti, ce que je n'étais visiblement pas à leurs yeux. Et ce qu'elle n'était « plus » elle - c'est à dire vierge - ne leur convenait pas du tout ! On l'accusa d'avoir déshonoré son nom et celui de ses ancêtres... On décida de l'envoyer au Sinaï...


Nefernout avait préféré la mort. Elle aimait l'histoire et les légendes de l’Égypte antique, aussi ce fût à un serpent qu'elle demanda de lui ôter la vie... Deux petits trous dans son sein que j'avais mille fois tenu entre mes lèvres... Reniée de ses parents qui ne voulaient plus rien avoir à faire avec elle, j'avais récupéré la dépouille de ma bien-aimée à laquelle j'avais offert des funérailles dignes de la Princesse qu'elle aurait pu devenir. Je lui avais donné ma place dans le petit tombeau que mon père m'avait fait construire au pied de sa pyramide, juste à côté de ma mère et de ma sœur mort-née.

Depuis, je n'avais qu'une quête... Trouver celui ou celle dont le don était de rendre vie aux morts... C'était mon obsession...




Je secouai la tête pour me réveiller, acceptant un verre de vin que m'apportait un Renégat anonyme dépêché à mon service le temps de mon séjour. Une nouvelle famille arrivait et je me levai pour les saluer... Le père ? Son don était de déshydrater rapidement de petites quantités d'eau. Utile pour un saunier, mais pas pour moi... La mère voyait l'avenir à très court terme... Juste assez pour savoir si elle devait ramasser son linge si trop de soleil risquait de le brûler... Leurs enfants, par contre... Je serrai la main de leur fille et lui découvris des dons de guérisons latents et ne demandant qu'à s’épanouir. Oui... Elle pourrait servir... Pas à moi directement, mais... Mais pourquoi son jeune frère me regardait-il ainsi ?

« Elle est belle... Intrigué, et testant le pouvoir emprunté à son aînée sur une petite plaie que j'avais sur la main, je lui demandai.
-Qui donc ?
-La dame à côté de vous... Il venait de pointer le doigt vers mon flanc droit où personne ne se tenait... Dommage qu'elle pleure...
-Enes, tais-toi ! Mais j'avais déjà pris la main du garçonnet, sentis son don me pénétrer, et compris qu'il voyait les âmes des morts... Serrant les poings, je me tournai vers ce « vide » à mes côtés pour y découvrir Nefernout qui me souriait au travers de ses larmes. Elle essayait de me parler, mais ses mots ne me parvenaient pas...
-Je ne l'entends pas... Je ne t'entends pas, Nefer... Pourquoi je ne l'entends pas ? Je m'étais tourné vers le petit mais c'était sa mère qui avait répondu à sa place, sûrement effrayée par la lueur de folie qui venait de s'emparer de mon regard...
-Il ne les entend jamais... Il n'a pas... Pas eu l'occasion de développer son don, Votre Altesse... »

J'avais hoché la tête, m'étais relativement calmé, avais accordé au père de famille le prêt qu'il espérait afin de compenser une mauvaise année de récoltes et noté leurs noms à tous avant d'abandonner mon poste pour profiter de cette présence muette et intangible à mes côtés...

De retour à Gizeh quelques jours plus tard, j'avais réclamé ma paie et rédigé une missive à l'adresse des parents d'Enes et d'Emira. Sous le cachet de la poste « royale », je leur proposais de prendre en charge leurs deux enfants à Alexandrie où ils pourraient apprendre à utiliser leurs dons et s'instruire. Deux bouches de moins à nourrir pour compenser le fait qu'ils ne seraient plus là pour les aider... A cela s'ajoutait l'espoir d'un avenir meilleur pour leurs rejetons... La réponse arriva rapidement en la personne de mon propre messager qui ramenait les deux enfants et leurs maigres possessions avec lui. Ils s'empressèrent de « remercier Pharaon » et demandèrent à aller prier pour lui... Leur requête fut acceptée...

Tous leurs prédécesseurs, dont j'avais payé les études, avaient également supposé qu'il s'agissait là d'une faveur d'Amésis. Cela me convenait ainsi et mon cousin ne détrompait pas la populace... Il se contentait d'augmenter régulièrement mon salaire sans rien dire pour compenser mes investissements qui étaient bien plus souvent réalisés pour le bien de l'Empire que pour mon bénéfice personnel... Seuls les dirigeant de l'Académie étaient au courant de mon implication et m'envoyaient régulièrement des lettres détaillant les progrès de mes « protégés ». C'est ainsi qu'un an plus tard, j'avais appris qu'Enes « entendait » enfin les âmes et que j'avais fait le trajet jusqu'à Alexandrie pour lui emprunter de nouveau son don...

J'avais retrouvé Nefernout...

Elle portait notre enfant, lorsqu'elle s'était ôté la vie...



2413
-
Et depuis ?

Depuis ? La folie...
Depuis ? La fuite vers l'avant pour trouver la personne capable de me les rendre... Tout les deux...
Depuis ?... Isefet...

  

  
opinion
S'étant toujours trouvé au sommet de la pyramide hiérarchique ou presque, Uriel n'a pas vraiment de raison de critiquer la société dans laquelle il a vu le jour. S'étant plus d'un fois penché sur les livres rescapés des précédentes catastrophes et conservés dans la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie, il part du principe qu'il y a toujours eu et qu'il y aura toujours des inégalités. Qu'il revient à chacun de saisir sa chance lorsqu'elle se présente afin de se hisser vers de plus hautes strates. Il méprise ceux qui se plaignent mais récompensera – sans vraiment en avoir l'air – l'effort et le travail bien fait.

Depuis quelques temps, il a plus de mal à accepter d'être servi par des Renégats porteurs de l'Ankh. Sa compagne et leur enfant ayant été promis au Sinaï si Nefernout n'avait pas choisi le suicide, il voit en ces femmes son amie perdue, et en chaque homme le fils qu'ils auraient pu avoir ensemble. Si cela ne tenait qu'à lui, aucun des descendants de Kémétou ne pourrait être destitué de ses droits à ce point à moins d'une réelle faute personnelle.

Les Dieux ont sa dévotion pleine et entière, en particulier Anubis, Nephtys et Osiris en cela qu'il leur demande régulièrement de veiller sur ceux qu'il a perdu.


  


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Cléo Hélios
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Lun 7 Jan - 19:37
T0I TU PUES! Vuilè, c'est dit u.u
Courage pour ta fiche 8D

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Uriel Tanis
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C'est l'odeur du "propre"... Tu ne dois pas en avoir l'habitude...
Thanks!
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Mar 8 Jan - 11:13
Bienvenue môsieur le prince !

Hâte de lire la suite ♡
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Uriel Tanis
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Lun 14 Jan - 21:20
Merci bien, Mademoiselle la... Hum... Bref... (♡)
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Mer 16 Jan - 21:57

Tu es validé !


Bienvenue parmi nous !


Aaaah, Uriel, Uriel, Uriel. Gmbrl. Tu es validé, petit instigateur, va donc semer ta discorde <3
(Pas besoin de te répéter que j'aime beaucoup beaucoup le perso mais je le répète quand même :3)

N'oublie pas d'aller recenser ton métier ici et ton avatar juste là. Tu peux également aller te faire une fiche de lien, et poster une demande de rp ! Te voilà prêt à découvrir l'univers de Netyro, amuse toi bien !



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